« Côte d’Ivoire, pays émergent à l’horizon 2020 grâce aux exportations »

Fruits tropicaux : l’exportation de l’Ananas et de la Mangue fortement impactée par la crise du COVID 19

Avec la COVID 19, l’économie ivoirienne est fortement impactée par les mesures de restriction. Les filières de l’Ananas et de la Mangue, fers de lance de la Stratégie Nationale d’Exportation (SNE) et de l’économie ivoirienne n’y échappent pas.

« Retenons que ces spéculations en général, la mangue et l’ananas en particulier sont des produits périssables qui naviguent dans un environnement où le système logistique et de conservation sont moins performants. Ainsi, elles font partie des secteurs fortement impactés par la crise de la COVID-19 avec l’augmentation des pertes post-récoltes » soutient le Secrétaire Général du Conseil National des Exportations (CNE), Serge Martial Bombo.

Depuis 2018, la Côte d’Ivoire exporte 35.000 tonnes d’ananas et 33.000 tonnes de mangue en moyenne. Pour l’année 2020, les prévisions ont été respectivement 45.000 tonnes pour l’ananas et 42.000 tonnes en ce qui concerne la mangue.

Cependant, note-il, « le choc exogène dû à la crise de la COVID-19 a eu un fort impact sur ces secteurs. En effet, la crise sanitaire est une réalité en Côte d’Ivoire depuis Mars 2020(…)En termes d’impact, la crise de la COVID-19 entrainerait, en cette année 2020, une réduction des exportations d’ananas et de mangues en Côte d’Ivoire pour atteindre respectivement 23.000 tonnes et 25.000 tonnes soit une baisse de 12 000 tonnes pour l’ananas et 8 000 tonnes pour la mangue » prévient M. Bombo.

Au-delà des pertes de production, il faudra également noter des pertes de part de marché (international, sous régional, local), une rupture partielle des produits phytosanitaires, une réduction de la logistique à l’exportation (Avion et Navires), une réduction des camions de transports pour le marché local et une augmentation des prix de vente sur le marché local.

Pour pallier à ces difficultés relevées et développer ces secteurs, des solutions ou mesures et recommandations cohérentes devront être mises en œuvre.

Selon l’expert , Il s’agit entre autres de : l’appui du gouvernement, l’amélioration du système d’entreposage et de conservation frigorifique et BIO conservation, l’augmentation des unités de transport, la diversification des marchés, l’amélioration des transports spécialisés, la formation des acteurs à l’export, la mise en place de systèmes de certification et la création de label, la création d’une plateforme de matériel végétal certifié, la formation au respect des itinéraires techniques agricoles, l’adoption de bonnes pratiques agricoles, la diversification variétale (Ananas et Mangue), l’amélioration de la chaine de valeur, la création des structures uniques de production, l’adoption de l’agriculture biologique, l’amélioration du système de commercialisation à tous les niveaux (études de marchés, prospection, représentation), la création de banque agricole, l’assurance spécialisée.

Pour rappel, le Gouvernement a mis en place le fonds de soutien aux Petites et moyennes entreprises de 40 milliards de FCFA, le fonds de soutien aux grandes entreprises, de 30 milliards de FCFA) et le fonds de soutien au secteur agricole de 50 milliards de FCFA.

Au vu de l’importance et du caractère stratégique de ces deux spéculations pour l’économie ivoirienne, elles ont pu être dotées d’un montant de 6 milliards FCFA reparti comme suit : 1 milliard de FCFA pour l’ananas et 5 milliards de F CFA pour la mangue.

Cette dotation a-t-il martelé contribuera donc à la relance des filières à travers le renforcement des capacités de production, infrastructurelles (Centres de conservation, logistique, etc.) et techniques (Certification, label, formations, etc.) des filières et l’amélioration de l’environnement des affaires (règlementation, assouplissement de la fiscalité, etc.).

La Stratégie Nationale d’Exportation (SNE), adoptée en 2013 par le gouvernement ivoirien dans le cadre du Programme National de Développement (PND 2012) est un document issu d’une large consultation d’acteurs publics et privés et qui vise la maximisation du potentiel à l’exportation de la Côte d’Ivoire et l’accroissement de la part de marché des exportations.

En effet, elle traite six (6) filières prioritaires à savoir l’Anacarde, le Caoutchouc et plastiques, le Coton, textile et habillement, les Fruits tropicaux, le Manioc et dérivés et la Technologie de l’information et de la communication.

A la demande de l’Etat, la filière Café-Cacao est prise en compte par la Stratégie ainsi qu’une section spécifique à sa pérennisation par les réflexions, études et analyses afin d’en dégager d’autres chaines de valeurs à forts potentiels (Autres Produits d’Exportation).

La SNE aborde également cinq fonctions transversales liées à l’accès au financement, au développement des compétences à l’exportation, à la gestion de la qualité et d’emballage, à la promotion et information commerciale, et au transport et à la facilitation des échanges.

PR